04.10.2006
Ils chantent leurs chansons (d'après Boris Vian et Serge Reggiani)

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.
J’vais bientôt recevoir
Un courrier de l’office
Très administratif,
J’en ai des idées noires !
Il s’ ra écrit dedans
Qu’ j’ai 6 mois pour partir
Qu’ vous allez démolir
Mon petit logement
C’est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise,
Moi je veux y rester.
J’ai plus d’soixante dix ans
J’suis une vieille locataire
A la santé précaire
. J’me fais bien du tourment
Mes jambes n’ont plus vingt ans
Pour monter les étages
Heureusement pour mon âge,
L’ascenseur est présent
Dans tous nos logements
Vous avez fait refaire
Lumière et sanitaires
Aux normes de maintenant
Pour qu’la tour soit plus gaie
Il suffirait d’refaire
Et ça coût’rait moins cher
Ravalement et volets
Depuis plusieurs matins
J’ai ouvert grand ma porte
Et j’ai lutté d’la sorte
J’ai dit à mes voisins
Refusez d’obéir
Refusez de vous taire
Soyons tous solidaires
Refusons de partir
La tour est bien placée
Elle peut encore servir,
Elle pourrait devenir
Le cœur de not’quartier
Monsieur le président,
Ecoutez not’supplique
Pour un projet unique
Faudrait se rencontrer…
Joëlle
La tour prend garde

La tour prend garde (bis)
De te laisser abattre
Nous n’avons garde (bis)
De la laisser abattre.
Comment garder, oui (bis)
Cette tour Jean Rameau ?
Il faut convaincre (bis)
Le quartier, les élus.
Sa position est (bis)
La meilleure du quartier
Commerc’ et services (bis)
Sont tous là à ses pieds.
Ses logements peuvent (bis)
Convenir à beaucoup
Agés ou jeunes (bis)
Tous peuv’ en profiter.
La tour résiste (bis)
Et c’est dans l’amitié
Que tout autour (bis)
On va s’organiser.
Par des peintures (bis)
On peut l’améliorer
Et grâce à tous (bis)
On pourrait bien gagner ! !
Joëlle
08:56 Publié dans urbanisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bourges, urbanisme, logement social
27.09.2006
Décryptage d’une « consultation » orientée sur…ce qu’il fallait démontrer !
Sous enveloppe fermée et sur papier glacé et fond bleu pâle, nous venons de recevoir les résultats d’une « consultation téléphonique » en quinze questions. Douze questions innocentes et trois qui le sont moins. Qui refuserait une ville dynamique et agréable à vivre, qui s’oppose à ce que les arrêtés municipaux soient appliqués, notamment pour ses voisins, qui ne souhaite de nouveaux parkings et des transports en commun, qui ne constate que le quartier où il habite est « sûr, qui va réclamer une augmentation des impôts locaux ?
Treizième question : Avaricum
Comment ne pas être favorable à un nouveau centre commercial dans le centre ville ainsi surtout qu’à un parking de 1000 places. Mais, a-t-on demandé si ces implantations qui jouxtent un centre historique prestigieux étaient ou non compatibles avec des préoccupations écologiques ou environnementales affirmées à la douzième question, a-t-on demandé aux personnes concernées s’il leur paraissait pertinent de supprimer 220 habitations à loyer modéré dans un secteur qui n’en comporte pas de trop?
A-t-on demandé à ceux qui cherchent un logement pas trop cher si cette opération immobilière financée par la ville et imposée à l’Office d’HLM était ou non susceptible de favoriser ou de combattre la hausse du prix des loyers à Bourges ? Pourquoi avoir menti aux habitants des 220 logements, les premières victimes, en leur promettant une réhabilitation alors que la décision de démolir était déjà prise ? Pourquoi avoir prétendu que les appartements étaient bourrés d’amiante et menaçaient ruine alors qu’il n’en est rien ?
Quatorzième question : Renouvellement urbain
Les habitants du 2 avenue de Lattre-de-Tassigny ou du 5 avenue de Peterborugh considèrent-t-ils que leur « tour » est « infernale » et qu’il faut la détruire ? Ceux du 1 rue Jean-Rameau ne sont pas de cet avis. Ils l’ont écrit au Maire. Ils lui ont dit en face ainsi qu’au Président de l’OPAC et au Préfet. La détérioration des immeubles HLM provient du manque d’entretien et de gardiennage de la part des propriétaires. En fait, il s’agit de récupérer des terrains à bâtir intéressants pour la spéculation immobilière et de chasser les indésirables : populations moins solvables, retraités aux ressources limitées, travailleurs privés d’emploi et jetés après usage, tous ceux qu’on stigmatise comme « classes dangereuses ». On attire l’attention sur les lieux pour mieux occulter les problèmes parfois réels induits par la pauvreté plutôt que lutter contre les discriminations. L’image négative diffusée depuis de nombreuses années dans l’opinion parvient à faire admettre par ceux-là même qui en sont les victimes une situation qui ne correspond pas globalement à la réalité.
Dernière question conclusive : substituons « l’entre soi » au logement social et « gloire à dieu au plus haut des cieux.
14:20 Publié dans urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : urbanisme, logement social



