27.09.2006

Décryptage d’une « consultation » orientée sur…ce qu’il fallait démontrer !

Sous enveloppe fermée et sur papier glacé et fond bleu pâle, nous venons de recevoir les résultats d’une « consultation téléphonique » en quinze questions. Douze questions innocentes et trois qui le sont moins. Qui refuserait une ville dynamique et agréable à vivre, qui s’oppose à ce que les arrêtés municipaux soient appliqués, notamment pour ses voisins, qui ne souhaite de nouveaux parkings et des transports en commun, qui ne constate que le quartier où il habite est « sûr, qui va réclamer une augmentation des impôts locaux ?

Treizième question : Avaricum
Comment ne pas être favorable à un nouveau centre commercial dans le centre ville ainsi surtout qu’à un parking de 1000 places. Mais, a-t-on demandé si ces implantations qui jouxtent un centre historique prestigieux étaient ou non compatibles avec des préoccupations écologiques ou environnementales affirmées à la douzième question, a-t-on demandé aux personnes concernées s’il leur paraissait pertinent de supprimer 220 habitations à loyer modéré dans un secteur qui n’en comporte pas de trop?
A-t-on demandé à ceux qui cherchent un logement pas trop cher si cette opération immobilière financée par la ville et imposée à l’Office d’HLM était ou non susceptible de favoriser ou de combattre la hausse du prix des loyers à Bourges ? Pourquoi avoir menti aux habitants des 220 logements, les premières victimes, en leur promettant une réhabilitation alors que la décision de démolir était déjà prise ? Pourquoi avoir prétendu que les appartements étaient bourrés d’amiante et menaçaient ruine alors qu’il n’en est rien ?

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Quatorzième question : Renouvellement urbain
Les habitants du 2 avenue de Lattre-de-Tassigny ou du 5 avenue de Peterborugh considèrent-t-ils que leur « tour » est « infernale » et qu’il faut la détruire ? Ceux du 1 rue Jean-Rameau ne sont pas de cet avis. Ils l’ont écrit au Maire. Ils lui ont dit en face ainsi qu’au Président de l’OPAC et au Préfet. La détérioration des immeubles HLM provient du manque d’entretien et de gardiennage de la part des propriétaires. En fait, il s’agit de récupérer des terrains à bâtir intéressants pour la spéculation immobilière et de chasser les indésirables : populations moins solvables, retraités aux ressources limitées, travailleurs privés d’emploi et jetés après usage, tous ceux qu’on stigmatise comme « classes dangereuses ». On attire l’attention sur les lieux pour mieux occulter les problèmes parfois réels induits par la pauvreté plutôt que lutter contre les discriminations. L’image négative diffusée depuis de nombreuses années dans l’opinion parvient à faire admettre par ceux-là même qui en sont les victimes une situation qui ne correspond pas globalement à la réalité.

Dernière question conclusive : substituons « l’entre soi » au logement social et « gloire à dieu au plus haut des cieux.

15.09.2006

Cernée par les démolitions, la Tour résiste et… a besoin de vous !

La Ville de Bourges a lancé un vaste programme de « rénovation urbaine » et les immeubles tombent les uns après les autres sans que les habitants réagissent. Seule une poignée d’entre eux refuse la démolition de leur « tour » de douze étages.medium_l_arbre_partage.JPG

Qui sont ces irréductibles locataires ? Ils sont âgés, en mauvaise santé, ont de faibles ressources : minimum vieillesse, pension d’invalidité, RMI, petits salaires liés à de petits boulots etc…

Qu’est ce qui leur a donné l’envie et la force de se battre ? La conviction que la tour relookée » a encore un avenir. Elle est composée de petits logements qui manquent cruellement aux personnes seules et aux jeunes couples qui s’installent. Elle dispose de deux ascenseurs et surtout, elle est au cœur du quartier. Elle est idéalement située à proximité immédiate du centre commercial, du marché, de l’annexe de la mairie, de la poste, d’un centre social, des écoles, des lignes de bus, des lieux de culte etc… Ses habitants savent que, relogés ailleurs, ils perdront cette situation privilégiée.

Avec l’aide de deux associations de quartier, ils ont donc entamé une longue lutte. Ils ont fait signer une pétition, écrit de nombreux courriers, rencontré le préfet, le maire, composé trois chansons, se sont exprimés sur les ondes de deux radios, ont été filmés par FR3 lors d’un repas de quartier.

Pour éviter d’être trop démoralisés, eux-mêmes ou avec le concours spontané et solidaire d’artistes confirmés ou amateurs, ils ont recouvert les horribles plaques de métal occultant les appartements vides. medium_envol.2.jpg
Ils préparent maintenant une exposition appelée « Portes ouvertes sur portes fermées ». Ils ont retenu la date du 25 novembre.
Pour que cette journée soit culturelle et soit une fête, ils ont besoin de soutiens dans le quartier et au-delà. Ils font appel à tout artiste qui aurait envie d’exposer ses œuvres ce jour-là sur un des 12 paliers ou à toute personne ou association qui viendrait proposer une animation (musique, magie, jonglage…) cet après-midi-là.
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Si vous voulez les rejoindre, venez à leur réunion de préparation le jeudi 12 octobre 2006 à 18 h 30 au Hameau de la Fraternité 29 rue Louise-Michel à BOURGES ou contacter le Comité des Habitants de Bourges-Nord, 29 rue Louise-Michel 0248247527 ou l’UAL-CLCV 29 rue Jean-Perrin 0248025620.

06.09.2006

Joie, partage et solidarité au pied de la tour Jean Rameau

C’était une première, cette fête des immeubles, ce mardi 30 mai, au pied de la tour Jean Rameau.
Pour moi aussi, c’était une première en tant que résidente du quartier Nord de Bourges (Chancellerie), utilisatrice de l’espace commercial et du Hublot.

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Organisée par les habitants eux-mêmes autour de quelques tables, d’une sono aux musiques du monde, de mets fabrication maison, cette fête fut, pour moi, une soirée des plus agréables. « ça sentait bon le partage, la générosité, la solidarité ».
Dans la rencontre de très jeunes frimousses, d’ ados en recherche de personnes plus âgées, ce soir là, il s’est concrétisé l’envie du vivre ensemble pour toutes générations confondues.medium_à_moi_la_bonne_part_.2.jpgN’est ce pas tout simplement cela que réclament et expriment les habitants restants de la tour Jean Rameau qui ne veulent pas quitter leur quartier ni voir leur immeuble détruit ?
Pourquoi ne serait-il pas possible de le restaurer, de l’aménager de façon accueillante, d’en faire une résidence pour les plus anciens ?
Pourquoi pas, aussi, y adjoindre un centre de loisirs, divers services comme le propose l’Association de locataires (UAL – CLCV). Cela redonnerait du tonus au quartier.medium_conversation.jpg
Puis, à l’heure où l’on parle beaucoup du maintien au domicile, le plus longtemps possible, des 3ème et 4ème âges, ne faut-il pas, là aussi, passer des discours aux actes ?
Ne pas être « expatrié », rester vivre dans son quartier, être proche de ses connaissances, de ses amis, des lieux de vie, des commerces, des services de toute nature, c’est fondamental à l’automne de sa vie.medium_les_mistons.3.jpg
Quoi de plus régénérant que de côtoyer la spontanéité des enfants, leurs jeux, leurs rires, ceux des jeunes, même s’ils sont parfois bruyants et font quelques bêtises.Au moment où l’on prône l’écoute les habitants sous toutes les formes, il me semble qu’il ne suffit pas, seulement, de les écouter attentivement, mais de les considérer, à part entière, comme acteur de leur devenir et celui de leur quartier, de les entendre et de prendre en compte leurs aspirations.

Mariette R. 64 ans

30.08.2006

Ceux qui disent que je suis vilaine

Ceux qui disent que je suis vilaine, c’est qu’ils ne m’ont pas bien regardée. D’abord, je ne suis pas si vieille; 40 ans en regard d’une ville deux fois millénaire, c’est comme si j’étais encore au berceau. Si on réduisait en poussière tous les immeubles antérieurs à cet âge, que resterait-il de Bourges ?
Les ascenseurs sont conformes aux normes de sécurité. Les appartements ont été récemment modernisés (plomberie, sanitaires, électricité). Chacun reconnaît qu’ils sont bien conçus, clairs, ensoleillés. La vue est dégagée. L’entrée est protégée par interphone.

Des personnes qui n’habitent pas le quartier, qui ne le fréquentent même pas et qui ne savent pas ce que c’est que d’être expulsé de son logis sans autre motif que politique, décident, pour se justifier, que j’ai été mise au monde laide et trop haute et que je dois disparaître. Et pourtant, je n’entre pas dans la catégorie des " immeubles de grande hauteur " et je suis située en contre bas pour ne pas paraître gigantesque.

Il fallait éviter de créer un univers d’habitations posées les unes près des autres qui gaspille l’espace et
isole les habitants des centres de vie, comme le montre ce cliché.
medium_RTEmagicC_vueville-03.jpg.jpg Un urbanisme harmonieux et rationnel avait mêlé des maisons particulières avec des immeubles de quatre étages, l’ensemble étant ponctué par quelques campaniles signalant les points forts du site. J’ai poussé au cœur du quartier à proximité des commerces et des structures sociales, culturelles et des transports en communs. On se battait pour venir y vivre.

Jetez un œil sur l’aspect que je présentais lorsque je suis sortie de terre en 1962.
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Entièrement réalisée en pierre de taille dure de Comblanchien, dressée sur un portique, comme pour atténuer l’aspect massif de bien d’autres immeubles de même dimension. La légèreté de l’aspect est soulignée par l’alignement des loggias qui donne du relief à la construction.

Comment avoir belle allure aujourd’hui quand le maître d’ouvrage ne respecte pas la loi qui lui impose de ravaler tous les dix ans et que les maires successifs ont négligé de le mettre en demeure de procéder à cette obligation légale prescrite par le Code de la construction et de l’habitation et alors que, pendant toutes ces années passées, je n’ai pas bénéficié de l’entretien et de la protection auxquels j’avais droit.
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Qui donc peut décider que les personnes installées chez moi doivent quitter les lieux pour laisser l’espace à d’autres ? Qui donc, sinon ces habitants eux-mêmes qui, malgré tout ce qui n’a pas été fait, se trouvent heureux de vivre dans ces murs ?